Voilà, c'est le dernier jour.
Nous quittons l'hôtel pour l'aéroport. Le ciel est toujours aussi beau. Nous croisons un finnois et sa drôle de machine. Ils en ont plein dans le même genre
pour transporter leurs courses. Il a bien neigé cette nuit. L'aéroport d'Ivalo est sous la
neige. Avant l'atterrissage de l'avion qui
nous emportera dans 2 heures, des engins énormes évacuent la neige de la piste. L'avion est là, il faut partir, j'ai toujours la même angoisse. Mais cette fois, j'arrive à jeter un oeil par le hublot pour voir
encore une fois ces vastes étendues blanches. Le spectacle est magnifique.
2h45 de vol et nous voilà à Roissy Charles de Gaulle , le ciel est gris, lourd, il fait humide, beurk !!!
L'envie de découvrir de nouveaux horizons l'emporte sur ma peur de l'avion. Et cette fois encore, je ne regrette vraiment pas de m'être fait violence pour partir. Ce séjour a été vraiment
magique.
Et devinez ce que faisait Daniel à l'aéroport : il regardait déjà les publicités pour ailleurs, de l'autre côté de la grande flaque, du côté du Canada.
J'espère que ces quelques articles vous auront permis de découvrir la Laponie Finlandaise et peut-être vous auront donné envie d'y aller.
Cette destination est en vogue en ce moment, pourvu que ça ne devienne pas l'usine à touristes dans quelques temps !!
Pour celles et ceux qui m'ont posé la question :
nous sommes partis en groupe en passant par une agence de voyages qui travaille avec Vacances Transat - Bennett
notre séjour était un séjour de la gamme "Eclaireur" au Bennett Artic Club Ivalo et comprenait le vol et le séjour activité hivernale 3* pension complète.
vous trouverez tous les renseignements ici http://www.vacancestransat.fr/voyages/vacances_Grand_Nord_;232;--.aspx?SID=ZUE8088E192E0-5&prodfamily=77&newsearch=true
Ouh la la, les journées passent à une vitesse folle et notre séjour est dans sa toute dernière partie.
Au programme de la journée : jeux lapons ce matin et après-midi libre, puis une petite cérémonie en début de soirée.
La matinée est belle, le soleil se lève et c'est magnifique.Un peu inquiète par l'intitulé : "jeux olympiques lapons", nous nous rendons à quelques pas
de l'hotel, sur la rivière Ivalo. Là, nous nous divisons en groupes. Nous serons bien entendu avec Astrid et Daniel, 2 de mes anciens collègues de travail, Christine, la femme de Daniel qui est une
de mes copines brodeuses et Bernard, le mari d'Astrid. Nosu avons passé une bonne partie du séjour ensemble.
Nos "épreuves " : une ballade dans un trés grand traineau tiré par un cheval, une partie de hockey sur neige , du quad et du karting sur glace et de ski à 4 !!! Aucune notion de compétitivité, une
matinée au grand air et une franche partie de rigolade.
Nous commençons trés tranquillement par la promenade en traineau. Le paysage est toujours aussi beau !! Et les rennes ne sont pas loin.
Pas de photos de notre partie de hockey, les hommes contre les femmes : tous les
coups sont permis, les crosses sont en plastique, le palet est une balle de mousse, nous nous amusons comme des gamins et ça fait du bien.
Ensuite, place aux sports mécaniques. Nous avons droit à 3 tours de piste à chaque fois.
Tout d'abord le quad, sur une petite piste circulaire. Les départs sont un peu difficiles, ça chasse de l'arrière dans les virages mais c'est sympa.
Ensuite, le kart. Là, c'est une autre sensation, on est au ras du sol, il faut
calculer la trajectoire pour éviter les sorties de piste en fin de virage. Enfin, quand je dis éviter, je devrais plutôt dire essayer de sortir le moins souvent possible !!! Et en plus, on peut
faire la course puisqu'on est 2 en piste !!!
Et le plus dur est de s'extirper de l'engin en fin de parcours
!!!
Et le ski à 4, nous rigolions tellement que nous n'avons pas fait plus d'1m !!!
faut dire qu'un 5ème larron était venu s'intercaler !!! L'après-midi, nous sommes allés faire une dernière ballade à pieds dans Ivalo, les
maisons sont belles, en bois peint tout est blanc dans les jardins Vous voyez, il ne fait pas froid, juste -9°.
La rivière Ivalo est un long ruban glacé que parcourt une motoneige
les statues sont elles aussi figées dans le froid Nous découvrons l'extérieur de la boutique du fleuriste et restons bouche-bée. La
déco est trés originale :
des boules de petites pommes de pins des branches peintes avec des boules oranges et surtout des boules de glace blanche et verte qui pendent à des ficelles accrochées à une branche, la lumière irise la
glace, c'est trés beau
La nuit tombe, nous passons près de la patinoire en plein air où un tout petit bonhomme s'entraine au hockey en patinant grâce à un genre de déambulateur pendant que ses parents jouent au hockey.
Et je vous assure qu'il se débrouille ma foi fort bien avec sa petite crosse. Nous travaillons comme des fous pour entasser la neige : quel travail
!!! De retour à l'hotel, une petite cérémonie avec notre guide de la semaine pour nous
remettre un diplôme attestant que nous avons franchi le cercle polaire. Chacun reçoit le sien.et moi, je lui remets une petite enveloppe de la part du groupe, en remerciement pour sa gentillesse et ses commentaires tout au long de la
semaine.
Le temps est maintenant venu de remplir à nouveau les valises.
Demain, ce seront les dernières images et le retour en France.
Sur le programme de notre séjour, cette journée était libre mais plusieurs options nous étaient proposées. Nous
en avons choisi 2. Bon, d'accord, c'est assez cher mais nous sommes en vacances dans un pays merveilleux, alors autant en profiter.
Notre option du matin : 1h30 de ballade en traineau à chiens. Nous avions vraiment été enchanté par la petite initiation de lundi.
Le musher vient nous chercher à l'hotel, nous ne sommes que 8, ça fera donc 4 traineaux.
C'est Daniel qui prend en premier la place de musher, moi je vais m'installer dans le traineau et en profiter pour filmer et photographier.
Nous avons une chance énorme, il fait un temps magnifique, le soleil se lève derrière les arbres. La dernière fois, nous avions fait du traineau sur un lac gelé, donc sans
végétation. Cette fois, le circuit commence sur la rivière Ivalo, gelée bien entendu, puis se poursuit dans la forêt. C'est magnifique. Le poste de musher n'est pas de tout repos et nous allons bien vite en faire
l'expérience : quand c'est plat, rien à faire juste admirer le paysage, quand ça descend, il faut freiner un peu de façon à ce que le traineau n'aille pas percuter les chiens. Mais quand ça monte,
c'est là que ça se corse. D'ailleurs, les chiens vous font rapidement comprendre qu'il faut les aider. Tout en courant, ils se retournent et vous regardent d'un air de dire : "alors, tu pousses ".
Il faut alors sauter en bas des patins et pousser le traineau du mieux que l'on peut. Je ne suis pas persuadée que notre aide soit de grand secours mais du moins le traineau est allégé de notre
poids. La montée est dure, les bottes glissent sur la neige, c'est épuisant. Mais quand le traineau arrive en haut de la côte, les chiens, eux, repartent de plus belle. Alors il faut sauter sur les
patins sans perdre l'équilibre. C'est quand même un peu sportif !!!
Nous avons de la chance, notre traineau est le dernier du convoi et nos chiens vont à un train de sénateur, ce qui fait que nous nous retrouvons de longs moments seuls dans le forêt. Un vrai
bonheur.
Daniel va me céder sa place dans le traineau. Vous montez avec moi
encore un petit tour
Au retour à l'hotel, le soleil joue avec la neige et fait de belles
ombres. L'après-midi, nous avons opté pour la rencontre avec le Père Noël. Mais avant, nous
allons visiter un hotel réputé dans la région pour l'originalité de ses chambres :
des igloos de neige, un peu trop alignés à mon goût l'intérieur semble confortable mais c'est un peu bizarre non, 4
places pour une nuit de noces ???? et les toilettes et la douche, dans une cabane commune à 100 m des igloos de verre : la légende veut que si on fait l'amour sous une aurore boréale, on a un garçon. De ce fait
la clientèle est en grande partie japonaise. A l'intérieur, 2 lits d'1 place montés sur roulette, pas trés
romantique non plus
( mais il y a une petite salle de bains )un sauna à fumée, le plus grand de finlande
pouvant accueillir 200 personnes et le trou dans le glace du lac pour venir se plonger après le sauna et la chapelle de glace. Elle est magnifique, la lumière entre par un vitrail de glace, l'autel et la déco est en glace, les
murs en neige sculptée. C'est une artiste qui a tout réalisé. Et il parait que certains couples viennent s'y marier mais il faut un tas d'autorisations. Il y a même une salle de réception pouvant accueillir 50 personnes sur des tables et des bancs de glace, le lumière passe à
travers des lampes en glace, le mur est lui aussi sculpté. C'est vraiment trés beau. Ensuite, rendez-vous avec notre enfance. Nous n'allons pas au village de Rovaniémi
mais dans un autre village du Père Noël, tout nouveau, Kultaojantie.
Nous sommes accueillis à notre arrivée par l'elfe qui s'occupe des rennes et par l'elfe forgeron. Le parc est magnifique, des bougies éclairent les arbres le chalet du Père Noël est éclairé de petites lampes Vous voyez, il existe, si, si, il vient même nous accueillir sur le pas de la
porte. Nous entrons, sa maison est superbe, des petits rideaux comme je les
aime un feu dans la cheminée Il nous fait asseoir autour d'une table, nous offre des petits gâteaux et se prête bien volontiers à une scéance de photos.
Nous pouvons même lui glisser nos souhaits à l'oreille, il fera son possible pour les réaliser. ses elfes sont toujours avec lui Nous le quittons à regret, la nuit est tombée, une belle nuit noire, seules les petites lampes et les bougies éclairent le
parc
une dernière photo de son chalet de la tour des elfes de la maison du chercheur d'or malheureusement au chômage en cette période hivernale l'elfe forgeron active son feu une superbe crêche en bois grandeur nature a inclus les animaux de la région, ours, glouton, aigle
... la future boutique est aussi trés belle avec ses piliers en bois sculptés ( ce sont des artistes finlandais qui les ont
réalisés) Nous repartons avec plein d'étoiles dans les yeux. Il fait bon parfois d'être un enfant.
C'était magique.
demain, je vous parlerai des jeux lapons .... version hotel Ivalo.
A demain ... si vous le souhaitez.
Il est temps de nous restaurer. Heureusement que la cuisinier n'attendait pas après notre pêche du matin !!!
Nous voici donc dans ce petit restaurant en bois à Nellim. Au menu, la traditionnelle soupe, puis un gratin avec de la viande et un dessert, le tout toujours accompagné de grandes tartines de pain
et de beurre.
Mari est revenue mais cette fois accompagnée de Katrin, une vieille dame. Elles ont toutes deux revêtus des vêtements traditionnels et vont nous parler du peuple Skolts en particulier au travers de
leurs coutumes vestimentaires.
Les Skolts sont issus de la région de Petsamo qui a été prise par la Russie à la fin de la 2ème guerre mondiale. Ils ont donc dû immigrer en Finlande où, au départ, ils n'ont pas été les bienvenus
puisqu'ils étaient un peu considérés comme des Russes ( la péninsule de Petsamo était russe jusqu'en 1917, date de l'indépendance de la Finlande). De plus, le peuple Sami Skolt était aussi un peu
considéré comme un sous-peuple parmi les autres peuples Samis.
Les Skolts sont en grande partie de religion orthodoxe.
Les costumes sont magnifiques. Mari nous en raconte les us et coutumes. Les couleurs sont toujours les même. Les coiffes aussi sont différentes : celle de la jeune fille n'est pas la même
que celle de la femme mariée, ni la même que celle de la femme veuve.
coiffe de jeune fille : le ruban qui fait le tour de la tête pend à l'arrière. Si il y a des noeuds au bout des morceaux qui pendent, c'est que la jeune fille est fia,cée. coiffe de femme mariée Katrin est veuve, sa coiffe est différente.
Elle tient à la main la coiffe de femme mariée dont le dessus est aussi brodé perlé.
coiffe d'hiver en peau de renne Une femme porte aussi un foulard sur sa coiffe
pour cacher ses cheveux qu'elle ne montre qu'à son mari. La forme du chapeau du Skolt homme est à
cornes et possède des rubans . Les rubans se portent à l'arrière si l'homme et célibataire et sur le côté s'il est marié.
chaeau porté comme un homme célibataire chapeau porté comme un homme marié Le bonnet d'hiver est en grand partie fait de
fourrure, sur l'arrière le carré rouge permettait de ne pas le confondre avec du gibier quand le chasseur Sami Skolt était accroupi à l'affut. Les coiffes, les plastrons et les ceintures
sont brodées de perles. pour se protéger du vent et de la neige, les hommes portent une grande cape qui se met soit
sur la tête soit, en la glissant, autour du cou. Les bottes en peau de rennes sont tenues à
la jambe par un long lacet brodé qui est entouré autour du mollet. Suivant les régions, ces lacets sont terminés par des pompoms qui se portent soit derrière soit sur le côté. Les rubans des hommes
sont différents de ceux des femmes et ne peuvent en aucun cas être échangés. Le décor varie d'un village à l'autre comme tous ce qui concerne les costumes. Il faut la peau des 4 pieds d'un renne pour faire une paire de bottes ( 6 pour
les plus grandes). Cette peau est râclée à la main. Les femmes faisaient sécher du foin pour le
mettre dans les bottes de peaux de renne. Ce foin est tressé en grosse pelote pour le conserver. Il sera découpé en morceau et défait pour garnir les bottes. Des plantes parfumées sont cueillies et
séchées à la belle saison, puis nattées. Les femmes prenaient une de ces nattes et la mettaient autour de leur tête sous la coiffe ou le bonnet pour se parfumer. Les explications de Mari étaient vraiment
passionnantes.
Ensuite, en sa compagnie, nous sommes allés en bus à quelques kilomètres de là, en pleine forêt. Et là, une merveille nous attendait : Une toute petite église orthodoxe en
rondin, construite dans les années 80 en grande partie par les habitants skolts orthodoxes. Elle est dédiée à St Triphon de Penchenga. Je ne ferai pas de commentaires sur l'intérieur, il est
absolument magnifique. La coupole peinte : Mari nous parle de la religion orthodoxe et de ses pratiques. Quand nous sortons, il a cessé de
neiger, nous faisons le tour de ce bijou, complèteemnt isolée dans la forêt. Le petit cimtière attenant est en principe réservé aux orthodoxes mais dans les familles multi-cultuelles, il est
possible pour un luthérien de s'y faire enterrer. Demain, si vous le voulez bien, nous ferons 2 belles ballades. Mais venez avec une
âme d'enfant !!
Ce matin, il ne neige plus, la température est plus douce ( -11° au thermomètre extérieur). Nous allons aller
vers l'Est, à Nellim. Ce petit village à 50 kms d'Ivalo est situé à quelques pas de la frontière russe.
La route pour y accéder est toute enneigée, glacée, toute droite, toute en montées et descentes, je suppose que c'est d'un telle configuration que vient l'expression "montagnes russes". La
forêt est parfois clairsemée, parfois plus dense, beaucoup de pins sylvestres et quelques bouleaux. Les photos prises depuis le bus ne sont pas terribles mais elles permettent de se faire une
idée de la région que nous parcourons. L'autocar est équipé de 2 pneus cloutés à l'avant, le conducteur semble bien
connaitre la route et nous roulons bon train. Nous ne croisons que peu d'autres voitures, mais personne ne ralentit, les carrosseries se croisent à quelques dizaines de centimètres.
Impressionnant. Entre 2 immenses lignes droites, il y a
parfois un virage, presque à angle droit. Des panneaux inconnus par la DDE française
(cette photo n'est pas une des nôtres) Et puis ces grandes boites jaunes sur pied au bord de la route, elles n'ont pas de porte et sont ouvertes sur la route. Notre accompagnateur nous explique
qu'elles servent à la poste pour les colis. Celà évite au facteur qui circule sur les routes en voiture de se rendre dans les maisons isolées où il lui faudrait un autre moyen de locomotion. Il
dépose donc les colis au bord de la route et le destinataire vient les chercher. De même, si la personne a un colis à envoyer, elle le met dans la boite et le facteur la prend. Je suppose que le
courrier suit le même circuit même si parfois, au bord de cette même route, à la croisée d'un chemin, nous voyons 3 ou 4 boites à lettres.
Le village de Nellim est tout petit, voilà le centre où se situe l'épicerie-bureau de tabac-poste Il y a aussi un hotel-restaurant où nous
déjeunerons à midi et où nous chargeons notre guide locale Mari.
En sa compagnie, nous nous rendons à la frontière russe.
Elle nous explique que tout au long de cette frontière, il y a une zone complètement interdite aussi bien du côté finlandais que du côté russe. Cette zone est marquée par des étiquettes jaunes sur
les arbres. A cet endroit, seule la route est libre d'accès, le reste est strictement interdit sous peine d'amendes fort importantes et de formalités paperassières interminables. La taille de ce
"No Mans Land" est variable. Si on a un visa et qu'on veut passer en Russie, il faut aller à plusieurs dizaines de kilomètres à un frontière "ouverte". Cette frontière est fermée, la route qui y conduit s'arrête sur une barrière
et la frontière est grillagée. La zone
frontière est surveillée par des caméras, des panneaux expliquent tout en plusieurs langues. Moi, je me sens mal à l'aise. Puis nous rebroussons chemin et allons voir un peu plus loin une
rivière qui, elle, peut franchir la frontière. Le bus nous dépose sur le pont et va faire demi-tour un peu plus loin car là-aussi, la route est fermée.
C'est une des rares rivières non gelée car il y a un peu en amont une centrale électrique qui réchauffe l'eau. Mais les panneaux jaune d'interdiction de
passage de frontière sont là aussi, plantés au milieu de la rivière, sur les berges et sur les ilots. Nous repenons le bus et nous retournons à
Nellim.
Au programme de cette fin de matinée, une ballade en forêt, une initiation à la pêche sous la glace et bien sûr le traditionnel jus de baies chaud. Ce vieux pin a plus de 400 ans. Si vous l'encerclez avec vos bras, il vous transmettra toute son
énergie. Pour pêcher sous la glace, il faut d'abord faire un trou à l'aide d'une grande vrille. Il nous faudra la totalité de la
vrille pour atteindre l'eau qui remonte ensuite un peu dans le trou mais regèle aussi vite. Ensuite, à l'aide d'une ligne munie d'un leurre de ver et d'un moulinet,
vous essayez d'attraper un poisson. Il parait qu'aucun groupe n'a rien attrapé cette année.
Daniel y croit dur comme fer.
Et pendant que nous buvons un bon jus de baies chaud assis sur des blocs de
glace recouverts de peaux,
regardez ce qu'il fait : il continue à pêcher, seul au milieu du lac gelé !!! avant quand même de venir à nous et de se lâcher en luge.
La journée a été longue et fort intéressante. Je vous raconterai demain tout ce
que Mari et Cati nous ont appris sur les Skolts et je vous ferai découvrir un bijou architectural.
A demain .... si vous le voulez bien.
C'est aujourd'hui que nous allons découvrir quelque chose qui m'a toujours fait envie : la motoneige. Eh oui,
cet engin donne l'impression de pouvoir visiter loin et longtemps de grandes étendues enneigées, d'aller au coeur des forêts au plus près des animaux etc ...
Mais avant ça, il faut savoir dompter la bête. Je n'ai jamais fait de moto et mon expérience du 2 roues à moteur date de plus de 30 ans : j'avais un Solex que j'ai adoré. Je l'ai d'ailleurs
tellement adoré que je l'ai gardé, il est dans notre sous-sol et je pense à le faire remettre en état.
Revenons à la motoneige : 650 cm3, ça fait peur. Ca fait d'autant plus peur que nous devons rouler l'un derrière l'autre, qu'il neigeote, que la visibilité n'est pas géniale, que la piste est plein
d'ornières et qu'il fait froid. Tellement froid que l'humidité dégagée par notre respiration gèle sur la visière du casque. Pour le pilote, les poignées sont chauffantes mais c'est un peu moins
confortable à l'arrière.
La horde des machines qui nous attendent sagement rangées et enneigées
la horde des cosmonautes rouge et noir le super casque et les mouffles bien
chaudes, tellement pratiques pour faire des photos !! visière relevée, c'est mieux pour la photo J'ai le regard un peu inquiet, dans quelle galère me
suis-je fourrée ???? la pause pour se dégourdir les jambes
et pour changer de pilote une nouvelle pause, cette fois, on se réchauffe avec du jus de baies chaud Une nouvelle pause, escale technique comme disent
élégamment ces messieurs. Ben oui, la nature se rappelle parfois à nous et il faut bien s'y soumettre. Pour les hommes, bien sûr, pas de problème, pour les femmes, c'est un peu plus compliqué. Et
bien, imagimez-vous que dans ce coin perdu au fin fond de nulle part, certains ont construit des toilettes. Des toilettes aux murs de bois comme dans l'ancien temps, avec une planche et un
trou qui donne dans un tonneau, avec un joli toit en bois. Oui mais voilà, il avait neigé, le toit ne joignait pas, la belle planche était couverte de neige, le sol aussi et le rouleau de papier
toilette ( car il y avait même du papier !!!) était lui aussi couvert de neige. Il faut enlever les gants, défaire la fermeture éclair de la combinaison, la baisser, relever un premier pull, puis
un deuxième, baisser le caleçon, remonter le t-shirt de peau puis baisser la jolie culotte et assouvir un besoin urgent sans toucher la neige !!! Et ensuite, il faut tout remettre en place
bien consciencieusement !!! Grand moment de solitude et de rigolade, bien sûr !!!
Ah, j'ai oublié de vous dire que ces superbes toilettes étaient là-bas, à droite derrière la jolie petite cabane, on les voit entre les arbres, qu'on enfonçait dans le neige jusqu'au genoux et que
certains ont trouvé que nous avions pris trop de temps !!!! ils ont faciles, eux !!! L'environnement est superbe et on en
profite beaucoup mieux quand les moteurs sont coupés : c'est incroyablement bruyant, ces engins !!! surtout quand il y en a 18 !!! inutile de vous dire que nous n'avons pas vu l'ombre
d'un animal !!
J'ai voulu prendre quelques photos en roulant et bien sûr avec les moufles doublées et la paire de gants à l'intérieur, c'est impossible. Courageuse, j'ai enlevé tout ça pour prendre quelques
photos. Mais j'ai dû bien vite renoncer, j'ai eu immédiatement l'onglée. Ces jolies petites maisons sont en fait des résidences secondaires situées au bord du lac,
les pieds dans l'eau en été. Il y a plus de 3000 iles sur ce lac, certaines sont constructibles, d'autres sont protégées pour laisser la faune et la flore tranquilles.
Plus de 40 kms de ballade sur la rivière Ivalo puis sur le lac Inari, gelés sur environ 80 cms, des pointes de vitesse à près de 50kms/h, nous sommes rentrés fatigués, courbaturés d'avoir été
secoués et crispés ... surtout moi !!!
Je suis ravie d'avoir essayé mais dans ces conditions, c'est un peu galère : il faut impérativement suivre le groupe, le rythme imposé par les premiers. Moi, ce que j'aurais aimé, c'est rouler à
mon rythme, m'arrêter pour admirer le paysage et profiter de moment.
Pour finir la journée, nous sommes allés faire un petit tour "en ville". Et comme il avait neigé une partie de la journée, les engins de déneigement étaient à l'oeuvre, impressionnants. Celui-là
était en train d'enlever la couche de neige poudreuse sur la piste piétonne.
Puis Monsieur est allé faire son sauna quotidien et moi, j'ai préféré le jacuzzi. Faut dire que traditionnellement en Finlande, le sauna se fait nu, un sauna pour les hommes, un sauna pour les
femmes mais même comme ça, ce n'est vraiment pas mon truc!! on a sa pudeur, quoi !!
La suite après-demain car demain je vais à Paris à l'Aiguille en Fête. Et là aussi, je vais me faire plaisir.
Après les rennes, nous allons découvrir ce matin les chiens et leur traineau. Le
musher avec lequel nous avons rendez-vous possède 50 chiens, essentiellement des huskies. Ce sont des chiens de meute, les garder seul en appartement ou dans une maison est parait-il contre leur
nature. Malgré la température, ils vivent dehors dans des enclos, ils ont chacun une grande niche en bois et mange 1kg de viande par jour. Un budget non négligeable pour le musher.
Petite explication technique avant le départ L'attelage du traineau que nous avions
comportait 6 chiens : à l'avant, les chiens les plus intelligents qui dirigent , en général, l'un des 2 est un dominant; l'autre est souvent un chien plus jeune qui se forme. A l'arrière, 2 chiens
aux muscles puissants puisque ce sont eux qui ont le plus de travail au démmarrage du traineau. Et au milieu, les 2 chiens sont des chiens ni trop musclés, ni trop intelligents, des chiens un peu
bêtes comme nous a expliqué le musher.
Ce qui est étonnant, ce sont les oreilles des chiens. Un certain nombre sont abimées, mangées, déchiquetées. Il y a une hiérarchie dans la meute, les dominants montrant leur domination en
mordant et en coupant les oreilles des dominés. Chacun à notre tour, nous avons été passager et musher, des plaisirs différents mais aussi intenses. Le parcours est assez
plat et ne comporte pas de difficulté. Quand ils tirent le traineau, les chiens sont silencieux, le seul bruit est le crissement des patins sur la neige .... et quelques commentaires en direct-live
hélas superflus !!!
Ces chiens sont trés gentils et ne demandent que des caresses La seule difficulté, c'est au changement
de musher, il ne faut pas relâcher la pression sur le frein sinon, les chiens repartent aussitôt. Le jeu consiste donc à se relayer sur le frein.
Retour à l'hotel pour le repas de midi. Depuis le restaurant, le spectacle est magnifique L'après-midi était libre. Nous sommes
allés faire du ski de fond. Il y a 3 ans, j'avais décidé de ne plus jamais remettre les pieds sur des skis de fond, tellemnet j'avias peur de tomber. Mais là, j'ai succombé à l'appel de la neige
immaculée pour une ballade de 5-6 kms en tout petit groupe. la piste était agréable, il n'y avait personne la nuit est tombée rapidement, il ne faisait pas
trés chaud mais j'étais bien couverte De retour à l'hotel, nous avons eu droit au baptême
lapon. Une jeune Sami a allumé un feu après un traditionnel chant Yoïk ( dommage que l'image
soit sombre )
elle fait brûler le bout d'un morceau de bois, le touche de la main et nous
fait 2 marques sur le front , symbole des cornes des rennes. Ainsi, après notre mort, nous reviendrons "rennes" en Laponie. Son costume est splendide et avec sa permission, j'ai pris quelques photos engros plan. Le bas de sa
jupe le haut de son corsage avec la broche caractéristique des Sami, Le soir, je suis fatiguée et préfère rester à l'hôtel.
Mon époux, lui, opte pour une sortie de nuit en raquettes. Traces d'animaux dans la neige, arbres enneigés, j'ai quelques regrets et le traditionnel jus de baies chaud autour d'un feu allumé dans la
neige demain, la suite de notre voyage ... si vous le souhaitez
Après une bonne nuit réparatrice, un buffet de petit déjeuner gigantesque, nous
revêtons notre combinaison anti-froid et partons en bus vers Inari, à une quarantaine de kilomètres au nord d'Ivalo.
Il fait froid, -18. Notre guide, Alex ( un français de Montpellier qui vient en
Laponie pour la saison hivernale depuis 3 ans et va certainement s'y installer), nous parle tout au long du voyage du peuple Sami ( ceux que nous appelons les lapons). Il y a les Samis du bord du
lac d'Inari, les Samis des montagnes et les Skolts qui viennent de l'Est. Leurs costumes sont différents, différents entre les différents peuples samis mais aussi différents entre les différentes
régions, les différents villages etc...
Notre première rencontre avec les rennes se fera de façon rapide, au travers de la vitre du bus : les voici sur un lac gelé, ils sont magnifiques. Alex nous dit que si les rennes sortent sur les
lacs, c'est signe de tempête. Mauvais présage ? Les rennes sont quasiment tous
domestiqués même s'ils vivent en semi-liberté, ils appartiennent à un éleveur mais vivent dans d'immenses enclos qui peuvent faire juqu'à 50 km2. Chaque éleveur marque ses rennes en leur taillant
les oreilles d'une façon trés précise, chaque marquage est déposé dans l'équivalent de nos préfectures. Ces marques sont des entailles, des fentes, des trous, c'est surprenant.
Nous arrivons chez un éleveur et sommes accueillis par lui, son fils et uen amie en costume traditionnel. Ce sont des samis du lac Inari, reconnaissables aux bandes rouges, jaunes et vertes qui
ornent le bas de la jupe, la tunique et les bonnets. Nous approchons des rennes, bien sagement attachés à un arbre. Nous les nourrissons de graines, ils ont l'air
d'aimer. Les bois des rennes mâles tombent chaque année et repoussent avec exactement la même forme l'année suivante. Ceux des
femelles ne tombent pas, ils leur permettent de protéger les petits. Les bois sont recouverts d'une sorte de peu qui se détache. Quand la peau est complètement partie, le bois est "mort" puis
tombe. Je vous assure qu'un renne est beaucoup plus beau avec de bois que sans. Nous faisons un petit tour en traineau. Celui qui nous traine a plutôt une allure de sénateur, tranquille. Nous nous essayons aussi au lancer de lasso sur un faux
renne en bois : pas facile!! Des peaux de rennes toutes fraiches sèchent sur les murs d'une des maisons
"modernes". Bien entendu, ces samis ne vivent pas dans l'habitat traditionnel tout le temps. Ils ont des maisons récentes avec bien sûr plus de confort. Mais ils souhaitent faire connaitre leurs
traditions. Et il n'est pas rare de croiser des gens portant des chaussures en peau de renne avec un anorak moderne.Puis nous entrons dans une Kota, maison traditionnelle en bois circulaire
avec un feu central où nous prenons notre premier repas typique : une soupe épaisse avec des morceaux de pommes de terre et des petits morceaux de boeuf bouillis, c'est bon et surtout c'est chaud,
du pain et du beurre, nous buvons du jus de baies rouge en apéritif ( jus de caneberge , de mures polaires et de myrtilles) et le café dans une kuksa, tasse traditionnelle en bois taillée dans de
la loupe de bouleau. Cette soupe, nous la mangerons selon les jours avec du boeuf, avec du renne, avec du saumon. Et le jus de baies rouges nous sera servi soit froid avant un repas soit chaud pour
nous réchauffer dehors, c'est excellent. La maitresse de maison, elle, est une Sami des montagnes, son costume et ses
bottes sont différents, sa jupe est plus large et a des volants. Sa langue aussi, ce qui fait qu'elle et son mari ne se comprennent que s'ils parlent en finois ( c'est comme si un breton avait
épousé une alsacienne, heureusement qu'il y aurait le français !!! ) . Elle fait chauffer une sorte de tambour à la chaleur du feu et va chanter une chanson traditionnelle, le yoïk, trés
gutural
Voici le Yoïk en son ( la vidéo est sombre, dommage)
Nous découvrons aussi que les Samis se sont regroupés pour protéger leur
culture quelque soit leur nationalité, finlandaise, norvégienne, suédoise et même russe, ils ont même un drapeau qui regroupe les couleurs traditionnelles samis : le rouge du feu, le bleu de l'eau
et du ciel, le jaune du soleil et le vert de la forêt. Ces couleurs se retrouvent sur les costumes, les ceintures, des bonnets, les bandes autour des chevilles pour tenir les bottes mais dans des
proportions différentes et des couleurs plus claires ou plus foncées. Nous quittons les éleveurs pour nous rendre à Inari où se trouve le musée de la culture Sami.
Le soleil décline déjà. Autour du musée, des statues éphémères en neige nous accueille: une
église un oiseau perché sur une cube Le musée est magnifique et se compose de 2 parties : la première raconte l'histoire du peuple sami, depuis l'origine
jusqu'à nos jours en passant par les époques troublées de la deuxième guerre mondiale qui a vu la Russie prendre une partie du territoire finlandais, en particulier la région où étaient installés
les Skolts. La deuxième partie du musée retrace les 12 mois de l'année avec l'ensoleillement, l'état de la nature, les animaux etc... c'est trés interessant mais .... interdit de photos...
hélas.
nous ne pourrons que photographier, avec son autorisation, une jeune femme en costume traditionnel Il fait nuit, un glouton ( genre de chien trés vorace et carnivore) de métal garde les lieux. La suite demain ..... si vous le voulez bien
Nous sommes partis à 23h de Nancy, nous avons passé une partie de la nuit dans le
bus pour arriver à Charles de Gaulle à 3h30. L'enregistrement des bagages s'est fait sans souci et nous devons attendre 6h pour décoller. Ca y est, le voyage commence. L'angoisse de l'avion
augmente au fil des heures et je me force à m'occuper l'esprit pour ne pas y penser. Eh oui, j'ai une peur bleue de l'avion mais l'envie de découvrir d'autres pays est encore plus
forte. 3h35 de vol et nous survolons la Laponie finlandaise, le ciel est bien dégagé et la vue d'avion magnifique : de la neige ,une forêt clairsemée, des lacs et des rivières gelés. L'aéroport d'Ivalo nous accueille, tout petit, mais là-bas, la neige n'empêche pas les avions de décoller ni d'atterrir,
seule la piste est dégagée. Le ciel est magnifique, le froid piquant, il fait -15. Ca y est, nous sommes en Laponie, les yeux grands ouverts pour
enregistrer le maximum d'images ( l'appareil photo va aussi nous aider) 10 minutes de bus pour rejoindre l'hôtel, nous découvrons l'endroit où nous allons passer la
semaine. Après le repas et l'installation dans nos chambres ( propres, confortables, bien équipées et bien chauffées), direction
la "salle d'équipement" : une combinaison, des bottes, des moufles, une cagoule. Pas trés seyant mais nous découvrirons bien vite que cet équipement est super
efficace. Une petite réunion pour nous donner toutes les informations utiles
concernant notre séjour puis nous profitons de la fin d'après-midi libre pour faire une première promenade , bien emmitoufflés. Pour le style, c'est mi cosmonaute, mi Bibendum, la couleur en plus
!!!. Nous ne passons pas inaperçus, tout le monde en rouge et noir sauf quelques-uns qui sont en bleu et noir, allez savoir pourquoi ???? Ivalo est la plus grande ville du comté avec ses .... 3000 habitants. La neige est omniprésente mais toutes les
rues et les pistes pietonnes sont dégagées. Mais pas dégagées comme en France où on répand du sel ou de la saumure pour faire apparaitre le macadam. Là-bas, on passe un chasse-neige de façon à ce
que la neige poudreuse soit enlevée, c'est blanc, propre mais pas glissant. Et les voitures et les bus roulent sans souci. Nous apprendrons par la suite que le taux d'humidité est trés faible
ce qui rend le froid tout à fait supportable et la neige pas mouillée.
Il est 17h, la nuit est tombée mais la vie ne s'arrête pas pour autant.
Nous rentrons à l'hotel, nous sommes un peu fourbus, nous n'avons quasiment pas dormi depuis 36
heures. Fin de la première journée, à demain pour la suite ... si vous le voulez
bien